Top 10 des films pour découvrir la culture québécoise

S'il y a bien une chose que tout expatrié a tendance à faire en arrivant dans un nouveau pays, c'est de s'entourer de ses anciennes habitudes culturelles qui lui donneront le sentiment rassurant d'être à la maison. Or, lorsqu'on souhaite immigrer au Québec, ou tout autre pays, il faut tout de même faire l'effort de s'intéresser un minium à la culture locale. Ne serait-ce que pour comprendre les références et les blagues de nos nouveaux compatriotes!

Il faut dire que vivre avec un québécois m’oblige un peu à connaitre ses références culturelles. Et c’est donnant-donnant puisque je lui fais aussi découvrir les classiques français. Alors pendant le confinement, on a occupé nos soirées à regarder un film québécois par semaine. Je vous propose donc ici une liste de films québécois qui sauront allier l’utile à l’agréable et vous faire découvrir un peu de la culture cinématographique québécoise. Pas de Xavier Dolan dans ce Top 10 des films québécois, on n’avait pas la tête à déprimer davantage en confinement!

  • Maurice Richard, un film de Charles Binamé sorti en 2005

S’il y a bien un nom de sportif qu’il faut connaître, c’est celui de Maurice Richard. On y suit la comète, « The Rocket », qui a fait gagner à de multiples reprises la Coupe Stanley à son équipe de hockey, les Canadiens de Montréal. Le film a aussi l’avantage de dépeindre la vie des québécois français des années 30, souvent réduits à une classe ouvrière et pauvre face à la domination de la bourgeoisie anglaise. En suivant son évolution et son combat contre les discriminations sévissant au sein de la NHL, Maurice Richard se fait le porte-parole de toute une génération de québécois francophones qui se sent délaissée, menant jusqu’à l’émeute de 1955 qui marque le début de la révolution tranquille. Un must!

  • La grande séduction, un film de Jean-François Pouliot sorti en 2003

Si vous aimez le grand large, le petit village de pêcheur de Sainte-Marie-La-Mauderne saura vous séduire! Germain, un simple villageois, entreprend de convaincre une multinationale d’implanter une usine dans son village portuaire dont la plupart des habitants sont aujourd’hui au chômage. Pour satisfaire les exigences des assureurs de l’entreprise, Germain doit persuader un médecin d’habiter leur minuscule village. Une opération séduction commence alors, questionnant au passage sur l’avenir des petits villages isolés du Québec.

  • Incendies, un film de Denis Villeneuve, sorti en 2010

Ayant remporté de nombreux prix cinématographiques à l’étranger, Incendies est un incontournable du cinéma québécois. C’est l’histoire de Jeanne et Simon, qui suite au décès de leur mère, se voient remettre deux enveloppes, l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Sur les traces du passé de leur mère, les jumeaux exhument une histoire de famille aux retournements bouleversants. Un très bon film que je vous conseille fortement.

  • Les doigts croches, un film de Ken Scott sorti en 2009

Cette comédie à l’humour bien dosé mêle banditisme et chemin de croix ! Charles a l’ambition de réaliser le « casse du siècle » et recrute la bande de « bandits sans envergure » de son ancien quartier. Alors que le braquage de la banque tourne mal, l’un de ses compères réussit à partir avec les 2 millions de dollars. Pour récupérer cet argent, l’ancien bandit dont la conscience se réveille, impose à la bande de marcher les 839 km du chemin de Compostelle et avoir « changé ». Charles s’assure alors que ces compagnons changent… au moins un peu ! Une jolie comédie qui fait passer un bon moment.

  • Starbuck, un film de Ken Scott sorti en 2011

Si vous connaissez le film Fonzy (France) ou Delivery man (États-Unis) alors voici l’original : Starbuck, un succès québécois autour d’un homme qui apprend être le père de 533 d’enfants suite à ses dons de sperme. Alors qu’il apprend que sa petite amie est enceinte, une centaine de ses descendants veut obliger la clinique à révéler l’identité de « Starbuck », pseudo que David utilisait pour ses dons. Cette comédie loufoque sait pourtant comment nous parler de la paternité et de la famille. Une belle comédie !

  • Bon cop, bad cop, un film de Eric Kanuel sorti en 2006

Cette comédie policière totalement bilingue est bien connue des québécois! À mon sens, elle représente le parfait mélange culturel franco-anglais qui existe à Montréal. Un grand amour-haine de l’autre, de l’ennemi historique, de la complémentarité et de l’unité/unicité d’un pays fait de dix provinces (et trois territoires fédéraux) aux racines et aux identités complexes. L’enquête criminelle devient donc un prétexte pour s’aimer comme chat et chien, et poursuivre cette idylle franco-anglaise avec un deuxième film qui aura eu ma préférence!

  • Ce qu’il faut pour vivre, un film de Benoît Pilon sorti en 2008

Tivii, chasseur inuit, est diagnostiqué avec la tuberculose sur un navire sanitaire canadien et est arraché à sa famille pour être envoyé dans un sanatorium de la ville de Québec. Incapable de communiquer avec les autres, Tivii doit affronter la solitude et les railleries. Les incompréhensions entre l’inuit et les blancs n’empêchent pas une jeune infirmière de déployer toute son énergie pour lui redonner goût à la vie. Elle lui présente Kaki, un jeune inuit malade lui aussi, avec qui, Tivii peut enfin s’exprimer, parler et rêver à son prochain retour sur son territoire. Ce film est un éloge à la lenteur, à une vie simple connectée avec la nature et l’autre, où apprivoiser son voisin reste la plus belle des découvertes.

  • De père en flic, un film d’Emile Gaudreault sorti en 2009

Cette comédie a connu un grand succès au Québec. Au nom, je pensais que cela ressemblerait aux Cordiers Juge et flic, mais pas du tout !
Les deux policiers, un père et son fils, se détestent et sont incapables de se comprendre. Ils sont pourtant amenés à infiltrer une thérapie père-fils dans la forêt pendant une semaine pour approcher et faire craquer l’avocat du gang des motards qui ont enlevé l’un de leur ami policier.
Leur relation dysfonctionnelle permet de parler de la paternité avec humour. Cette comédie a d’ailleurs eu droit un second opus sorti en 2017.

  • Esimésac, un film de Luc Picard sorti en 2012

J’ai tellement aimé lire Un village en trois dés de Fred Pellerin que j’ai voulu voir une adaptation d’un de ses contes sur grand écran.
On se fait vite emporté par l’univers surréel de ce petit village de Saint-Élie-de-Caxton où la crise frappe fort. Esimésac, l’homme le plus fort du village, propose alors de mettre en commun les ressources des villageois pour créer un jardin communautaire, mais l’arrivée du train et des possibilités de développement économique qu’il apporte avec lui, changent leurs plans.

Si vous êtes intéressés par cet univers naviguant entre réalisme social et magie d’un conte, Badine est le premier opus du duo Fred Pellerin et Luc Picard.

  • La guerre des tuques, un film d’André Malaçon sorti en 1984

Ce film est devenu le classique de l’hiver québécois. Durant les vacances d’hiver, deux bandes d’enfant se lancent une bataille de territoire faite de boules de neige et de château de glace. Si l’histoire reste enfantine et le jeu des acteurs approximatif, il a été le classique de toute une génération de québécois, aujourd’hui adultes. Il existe même une version 3D sortie en 2015, qui saura peut-être répondre aux attentes visuelles et sonores de notre génération et celle de vos enfants !

J’espère que cette petite sélection saura vous donner des idées pour occuper vos soirées ou vos weekends. J’ai hâte de savoir ce que vous en aurez pensé !
Est-ce que vous avez d’autres recommandations de films québécois à me suggérer ?