Covid-19: Que reste-t-il de nos voyages ?

Pourquoi voyageons-nous? Qu'est-ce que les voyages nous apportent? Que cela soit pour un weekend ou pour un roadtrip de plusieurs mois, que cela soit en solo, en couple ou entre amis, qu'est-ce que les voyages nous apprennent sur nous, notre personnalité, notre âme profonde et nos désirs? Et doit-on nécessairement en revenir transformés et grandis?

La Covid-19 et autres variants font partis de nos vies depuis 1 an. On le sait tous, cette « nouvelle normalité » a bousculé nos habitudes de vie, nos sorties, nos rencontres, nos interactions sociales, professionnelles, et aussi nos voyages…

Je fais partie de cette génération qui ressent le besoin de bouger, de découvrir le monde, de voyager. Soyons honnête, une partie s’explique surement par l’influence grandissante des réseaux sociaux et toutes ces belles images Instagram qui nous donnent le goût d’ailleurs (et de participer à la destruction de sites naturels), mais la majorité s’explique par l’envie de décrocher du quotidien, de se sentir libre de toute contrainte et de s’émerveiller face à la beauté diverse du monde et des gens.

Pourquoi voyageons-nous ? Qu’est-ce que les voyages nous apportent ? Que cela soit pour un weekend ou pour un roadtrip de plusieurs mois, que cela soit en solo, en couple ou entre amis, qu’est-ce que les voyages nous apprennent sur nous, notre personnalité, notre âme profonde et nos désirs ? Et doit-on nécessairement en revenir transformés et grandis ?

Les voyages sont souvent l’occasion de se retrouver. Se retrouver entre amis, couple ou famille, mais ils sont surtout l’occasion de se retrouver avec soi-même. Les voyages donnent cette opportunité de nous donner du temps, de prendre le temps. L’introspection n’est donc pas loin et les questionnements sur notre existence, notre chemin passé et futur jaillissent.

Or, le confinement nous a donné une masse de temps qu’on n’avait jamais eu avant ! Et ce temps s’étire et s’allonge à mesure que les périodes de confinement sont reportées.

Comment donner du sens à notre vie lorsque nous disposons de cette continuité infinie, désarmante, enivrante, voire effrayante qu’est le temps ? Car en réalité, il s’agit bien de cela : les vacances comme la Covid nous offre le temps de s’interroger sur notre manière de vivre au quotidien et remet en question nos valeurs, nos rêves, nos espoirs et tout ce qui définissait ce que la routine avait rendu habituel, acceptable et inexorable.

La Covid-19 est venue redéfinir cette notion de temps. Cet infini qui est censé être parsemé de succession d’événements et de changements apporté par les aventures de la vie, ne semble qu’être une continuité lisse et monotone.

En chamboulant nos projets et nos perspectives, il a réduit notre fenêtre temporelle, nous laissant dans l’incertitude, le questionnement. La Covid, nous aurait-il placés quotidiennement dans cet état de redéfinition propre à la période des vacances (qui on s’entend, ont le même effet que le Nouvel An sur nos résolutions!) ?

Les voyages nous font ainsi penser hors de la boîte, hors de notre zone de confort. En naviguant dans des lieux inconnus, dans un ailleurs qui n’a pas les mêmes codes ni les mêmes pratiques, notre esprit s’adapte et ne craint plus autant le changement, donnant alors l’idée que notre routine pourrait, elle aussi, être modifiée.

« Seul celui qui erre trouve de nouveaux chemins« , dit un proverbe norvégien.

Les voyages nous obligent à revisiter notre vision du monde. Car les voyages ne consistent pas seulement à admirer des paysages et explorer des villes mais ils sont surtout des rencontres. Des rencontres avec soi-même.
La covid a ainsi eu l’avantage de nous questionner dans notre environnement direct, notre chez-nous. Celui qui devait être confortable et douillet, c’est retrouvé sens dessus dessous. On l’a détesté, redécoré, réagencé, apprécié ou quitté. Mais il a surtout été le syndrome de notre psyché.

Pour ma part, la Covid aura réussi à redéfinir mon existence et un nouveau chez moi. Beaucoup de questionnements se sont bousculés dans ma tête, et j’ai dû apprendre à lâcher prise et à vivre l’instant présent. Moi, la maniaque de l’organisation et des plans sur la comète, j’ai appris à projeter mon existence sur une fenêtre de quelques semaines. Le meilleur exemple aura été l’organisation de notre voyage en Gaspésie à 3 semaines de la date de départ (oui pour moi, c’est une organisation « dernière minute »!). Et puis, il a surtout révélé l’envie de vivre en accord avec mes valeurs profondes et la volonté d’opérer un tournant plus écologique dans ma façon de consommer. Un sujet dont je parlerai bientôt plus en détails.

Nous sommes la somme de nos expériences. À mon sens, la Covid est l’expérience planétaire du siècle (on l’espère!) commune à chacun, qui a révélé des manques, des peurs et des rêves oubliés, qui nous a obligé à nous adapter et surtout qui nous a fait apprécier la valeur de ce que l’on possède déjà. Il a révélé nos valeurs, nos forces et nos espérances infaillibles, celles qui dirigent notre existence comme un phare en pleine mer.
Règles sanitaires obligent, il nous fait aussi découvrir les beautés de notre région ou de notre pays. Alors quels seront vos plans pour votre prochain voyage ?