La datcha, Agnès Martin-Lugand

Je dois dire que j’espérais mieux. À voir ce livre d’innombrable fois recommandé sur Instagram et ailleurs, je pensais que j'aurai été toute aussi enchantée par l’univers de La Datcha.

On y suit Hermine, une jeune femme malmenée par la vie qui intègre l’hôtellerie par hasard. Elle entre à La Datcha, ferme pittoresque rénovée au cœur du Lubéron tenue par Macha et Jo. Le couple légendaire de la région fait rêver les visiteurs grâce à leurs petits soins appliqués, leurs services exemplaires et leur célèbre soirée d’été. Hermine y trouve alors un endroit où elle se sent chez elle et où elle peut baisser sa garde. Un rêve éveillé en somme ! Jo et Macha, comme son ami Charly, commis dans les cuisines, deviennent vite son nouveau cocon familial.
Et puis le temps passe, divorcée et mère de deux enfants, Hermine devient progressivement le pilier central de l’établissement. Aux décès de ses deux patrons, le flou quant à son avenir à La Datcha vient raviver sa peur de l’abandon d’autant plus que leur fils, Vassili, revient après plus de 20 ans d’absence.

On le sait d’avance… une histoire d’amour entre Hermine et Vassili pointe vite le bout de son nez. Mais l’histoire la plus touchante reste selon moi, celle de Jo et Macha, leur amour et leur douleur face à la perte de leur fille 25 ans plutôt, que Hermine n’a jamais osé questionner. Pourtant, c’est toute la clé du mystère et les réponses à ses pourquoi.

J’aurai aimé que cette histoire soit plus approfondie, et surtout qu’elle ne soit pas le prétexte à un amour impossible entre Hermine et Vassili… Un peu trop cliché à mon goût. La femme qui reste et qui attend, c’est trop pour moi !

Au-delà de ce final qui ne rencontre pas mes espérances, j’ai trouvé l’écriture d’Agnès Martin-Lugand assez fade, et les personnages comme le lieu sont très peu développés. Je n’ai pas eu le sentiment de vivre l’expérience de La Datcha alors que c’est censé être un endroit majestueux et légendaire. Et l’histoire pourtant tragique de l’enfance d’Hermine, comme les histoires du passé de la Datcha sont vite balancées sans réelle profondeur. De raccourcis en raccourcis, l’histoire devient assez vide et sommaire. Je devrais m’en contenter.

J’avais pourtant beaucoup aimé Désolée, je suis attendue, et J’ai toujours cette musique dans la tête. Et vous, qu’avez-vous pensé de ce dernier roman ?