Immigration Québec: délai et budget

L'expérience québécoise attire de nombreuses personnes. On rêve tous des grands espaces et d'opportunités qui nous ferons vivre le monde différemment. Mais si l'on souhaite prolonger ce rêve, il faudra s'armer de patience pour obtenir la résidence permanente...

Après 3 ans et demi sur le territoire, j’ai enfin reçu le papier tant attendu qui me permet de résider librement dans le pays pendant 5 ans de plus. La fameuse Résidence Permanente, dont les conditions d’obtention changent tous les ans en fonction de l’humeur des gouvernements, représente une étape clé. Je voulais donc vous partager mon expérience, pour permettre aux futurs pvtistes ou ceux en attente de papiers, de se faire une idée sur le délai et le budget de ce processus et vous partager quelque conseils.

Les premiers mois du PVT

J’ai eu la chance d’être sélectionnée dès les 1ers tours des bassins du PVT en janvier 2017, mais je ne suis débarquée à Montréal que fin août 2017. Arrivée avec une réservation airBnb de deux semaines, j’ai pu trouver une colocation après 1 semaine dans la ville, et j’ai décroché un job dès ma 2ème semaine: vendeuse au marché Jean-Talon. J’y suis restée pendant 2 mois, ce qui a été l’une de mes plus belles expériences. M’imprégner de la culture, de la langue, des expressions (et surtout des sacres!) n’aura jamais été aussi efficace qu’en travaillant là-bas entourée de « québécois pure laine »!
À la fin de la saison du marché (mon stand fermant pour l’hiver), j’ai vite rebondi en allant travailler chez Simons, le magasin célèbre de la rue Saint-Catherine. J’y suis restée 3 mois jusqu’à la fin des fêtes de fin d’année. J’y ai vécu le Black Friday dans l’une des sections les plus achalandée du magasin. Qu’a cela ne tienne, j’avais dit lors de mon entretien que je n’aimais pas m’ennuyer. Et j’ai été servie !

Vous voyez ici qu’il est plutôt facile de trouver un emploi à Montréal. Mais cela reste des « jobs alimentaires » que je ne me voyais pas continuer à exercer sachant qu’il me fallait un poste dit « qualifié » pour rentrer dans les clous de l’immigration et que travailler dans ma branche me manquait. Malgré tout, ces expériences ont été très positives. J’y ai appris à m’intégrer, à m’adapter et surtout, il faut le dire, à dealer entre l’insouciance et le stress d’être « employée précaire » permettant de voyager entre deux boulots. Et puis, j’y ai surtout rencontré une bonne partie de mes amis, français, qui comme moi avaient été débauchés en masse et « remerciés » aussitôt que le Père Noël était passé !


Pratique
Pour trouver des colocations et parfois des jobs, vous pouvez visiter les groupes PVTistes à Montréal, PVTistes à Montréal: petites annonces, PVTistes à Montréal: logements et colocations, ou bien des groupes par quartier comme celui de Logements Villeray. Personnellement, j’ai trouvé mon premier logement en colocation sur Kijiji et aujourd’hui beaucoup d’annonces sont publiées sur Facebook Marketplace.
Les jobs alimentaires se trouvent facilement en poussant la porte des magasins et épiceries et en y déposant son CV. Aussi, n’hésitez pas à contacter les agences d’intérim. Mon conseil: frappez à la porte de Bray Larouche Associés. C’est une voie royale pour se faire LA première expérience québécoise tant demandée par les employeurs et obtenir différents contrats plus rapidement.


Le premier « emploi qualifié », l’envoi du CSQ et de la RP

J’ai donc poursuivi mes recherches d’emploi et en février 2019, j’ai décroché un job en marketing chez La Vie en Rose. J’ai ainsi pu lancer ma demande de CSQ après 1 an de travail à temps plein. J’ai même pu faire valoir mes 3 mois chez Simons grâce aux modifications de la loi.
À l’époque, il m’a suffi d’un mois pour obtenir le Certificat de Sélection du Québec. Ce CSQ représente la première étape vers la résidence. Le Québec est la seule province à l’imposer dans la visée de nous engager moralement à nous installer dans la belle province une fois les papiers reçus… La crainte d’une désertion vers d’autres provinces est-elle si grande ? Les délais d’obtention de la RP, eux, pourraient bien nous faire la quitter !

S’en est suivi l’envoi de mon dossier de Résidence Permanente dès début mars 2018. L’activation en ligne de mon compte IRCC m’a permis d’espérer puis de déchanter quand j’ai vu la ligne de temps s’afficher… Mais au moins, je savais que mon dossier était en cours de traitement! Et non perdu je-ne-sais-où comme pour des centaines de candidats.

Un peu avant la fin de mon PVT, j’ai donc validé mon permis de travail fermé avec mon entreprise, puis une autre. Car oui, il est possible de changer d’employeur une fois le permis de travail fermé validé. Il suffit de trouver un autre employeur qui est ouvert à l’idée de refaire un permis (et de payer les frais par la même occasion!).
J’ai donc traversé deux fois la frontière pour valider mes deux permis en l’espace de quelques mois.


Pratique
Pour trouver un emploi au Québec, plusieurs sites web existent : indeed, jobillico, jobboom, emploi Québec… Pour le domaine spécifique de la communication et du marketing, vous pouvez trouver votre bonheur sur Isarta, Grenier aux emplois et InfoPresse.
J’ai aussi suivi l’atelier d’intégration à l’emploi de la Citim, un organisme qui aide les immigrés à s’orienter dans ce nouveau monde professionnel québécois.
On vous parlera beaucoup de soirées réseautage, mais si comme moi vous n’êtes à l’aise à l’idée de vous « vendre » à des inconnus, sachez que la bonne vieille méthode d’envoyer un CV fonctionne très bien. Avec une recommandation de la part d’une connaissance cela fonctionne encore mieux, mais ne garantie en rien d’être embauché !


La visite médicale

Le temps faisant, j’ai reçu ma lettre de convocation pour la fameuse visite médicale. Passage obligé pour s’assurer qu’on ne va coûter trop cher au système de santé du Québec! J’ai réussi à obtenir un rendez-vous dans les 2 semaines suivantes en raison des fêtes de fin d’année (les délais sont généralement très courts). Une fois la prise de sang, la radio des poumons (ils ont une phobie des pneumonies apparemment), et le test pipi passés, on est good to go!

Je suis allée à la Clinique de Médecine Industrielle et Prévention du Québec située à côté du métro Guy-Concordia. Cela m’aura coûté 240$ la visite, non prise en charge par la RAMQ. Beaucoup ne jure que par la Clinique Médicale Luso située sur le Plateau, mais le délai était plus long et les honoraires 20$ plus chers. Vous pouvez trouver la liste des centres médicaux accrédités par le gouvernement sur le site de l’immigration.


Pratique:
Il est impossible d’avoir accès à l’ensemble de nos résultats médicaux après cette visite médicale, car c’est « un dossier confidentiel entre le médecin et l’agence d’immigration »… bien que le dossier nous concerne directement! Les seuls résultats que nous pouvons nous procurer sont ceux du VIH, de la syphilis et la radio des poumons… et ajoutez s’y 30 $ ! Bah voyons…


22 jours plus tard, j’ai reçu ma lettre d’obtention de la Résidence Permanente. Le Graal !
J’ai tout de même attendu 3 mois de plus pour enfin recevoir ma carte officielle de RP. Et oui, sans la carte de RP, il est difficile de sortir du territoire… Non pas qu’un virus nous restreigne dans nos voyages, mais au moins c’est officiel.

Après toute cette attente, la RP rend les choses plus concrète. Elle donne droit à 5 ans de plus sur le territoire avec une liberté de circulation, et surtout ne nous lie plus à un employeur particulier. Bien qu’elle n’empêche pas de s’interroger sur notre choix de rester ou de rentrer en France, elle permet de profiter de la vie dans notre pays d’accueil avec le cœur un peu plus léger.

Délai d’immigration au Québec

  • Novembre 2016: inscription au PVT
  • 19 janvier 2017: Réception du PVT
  • 26 août 2017: Arrivée à Montréal – activation du PVT de 2 ans
  • 27 janvier 2019: Envoi de la demande de CSQ
  • 21 février 2019: Réception du CSQ
  • 11 mars 2019: Envoi de mon dossier de Résidence Permanente
  • 13 mars 2019: Accusé de réception de mon dossier de RP
  • 17 juillet 2019: (proche de la fin de mon PVT) Validation d’un permis de travail fermé + données biométriques
  • 14 septembre 2019: Changement d’employeur – validation d’un permis de travail fermé
  • 21 décembre 2020: Réception de la convocation pour la visite médicale
  • 6 janvier 2021: Rendez-vous pour la visite médicale
  • 28 janvier 2021: Lettre d’obtention de la Résidence Permanente
  • 29 avril 2021: Réception de la carte officielle de Résidence Permanente

Budget d’immigration au Québec

  • PVT: environ 300$
  • Certificat de Sélection du Québec: 798$
  • Résidence permanente: 1040$
  • Permis de travail fermé N°1: 155$ de ma poche / 230$ pour l’employeur
  • Réalisation des données biométriques: 240$
  • Permis de travail fermé N°2 (changement d’employeur): 155$ de ma poche / 230$ pour l’employeur
  • Rendez-vous médical: 240$

Au total, l’obtention de la résidence permanente m’aura coûté environ 2930 $ et aura demandé 2 ans et 3 mois d’attente à partir de l’envoi du CSQ. Je sais que mon cas d’immigrée a été plutôt simple comparé à d’autres, car beaucoup doivent attendre plus longtemps. Je pense donc à tous ceux et celles qui sont attente de leurs papiers.
Finalement, la ligne de temps dans mon dossier d’immigration avait (presque) vu juste !
Et vous, êtes-vous toujours en attente ? Démarrez-vous vos démarches ? Êtes-vous déjà des heureux citoyens du Canada ?